Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
escapade marchande (+caïn)
avatar
Messages : 13
Coquillages : 20
Date d'inscription : 30/10/2018
Ven 2 Nov - 23:09
escapade marchande
Koma ou la folie marchande. La terreur dépensière. Le démon du marché.

Il avait l’habitude de se rendre régulièrement au grand marché du vendredi pour faire quelques emplettes quand il en avait besoin. Et quand il n’en n’avait pas besoin non plus, aussi. Depuis qu’il avait reçu son premier salaire, il avait découvert la joie de jeter son argent par les fenêtres et finir le mois mort de faim. Mais vu tous les nouveaux trucs trop cools qu’il entreposait chez lui, ça devait sûrement en valoir la peine. Il venait si souvent et il achetait tellement qu’un certain nombre de marchands réguliers étaient capables de l’appeler par son nom. Non pas qu’ils lui aient un jour demandé, mais quand on a la conversation facile comme Koma, on finit toujours par balancer son nom au détour d’une conversation.

Cela dit, ce jour là, il était venu au marché pour une véritable bonne raison. L’anniversaire de ses petites sœurs approchait et il ne leur avait toujours pas dégoté de cadeau. Ca commençait à presser, et il avait décidé d’aller jeter un œil à ce que les vendeurs de bijoux de plus ou moins bonne qualité avaient en stock, au cas où il trouverait la perle rare. Récemment, il semblait qu’il était à la mode de se mettre des bracelets sur les tentacules et, bien qu’il n’aie jamais essayé lui-même, il trouvait cela assez esthétique et avait pensé que ça pourrait faire un parfait petit cadeau pour les deux pieuvrettes. Il les imaginait déjà arborer de superbes bracelets colorés le long de leurs tentacules et il ne pouvait s’empêcher de penser que ce serait parfaitement adorable.

Mais avant de se hâter vers les vendeurs de bijoux, Koma avait fait la razzia chez les autres marchands, achetant tout et n’importe quoi tant que ça lui semblait peu cher et quelques peu utile. Ou comestible. Il s’était donc retrouvé les bras chargés de sacs de tailles diverses et de poids variés, les ballotants difficilement à ses côtés alors qu’il avançait vers ce pour quoi il était venu à la base.

Il n’eût aucun mal à trouver le stand qu’il lui fallait, celui qui étalait des tonnes de bijoux sois disant faits main et précieux mais qui n’avaient de ça vraiment que l’appellation. Son regard épiait chacun des bracelets qu’il pouvait voir, débattant sur la taille et la couleur qu’il devait choisir pour ses sœurs. L’une aimait beaucoup le bleu, mais il trouvait que ça ne ressortait pas assez au fond de l’océan. Il avait donc envie de prendre du Orange. Et du rouge. Et du blanc. Et aussi du violet. Ca lui paraissait bien, le violet.

Il attrapait un par un et avec prudence les bracelets qu’il repérait, sous l'oeil vigilant du vendeur. Koma lui souriait de temps en temps, histoire de lui faire comprendre qu’il pouvait se détendre, qu’il n’était pas un voleur. Et même s’il en était un, chargé comme il était il ne pourrait sûrement pas fuir bien loin.

Il puis il s’arrêta sur un autre bracelet. Celui-là mélangeit des tons orangé et du blanc et c’était. absolument. magnifique ! Mais lui, il ne voulait pas pour ses sœurs. Non, celui-là, il le voulait pour lui même. Pour s’orner ses tentacules à lui. D’un geste brusque, il alla l’attraper pour l’observer de près, très près, le collant presque à son nez humanisé.

Il l’avait passé en détails pendant une bonne dizaine de secondes, se demandant pourquoi il n’était jamais tombé sur pareille beauté avant. Il avait été bête de ne pas suivre cette mode des bracelets, se disait-il. Il allait l’acheter, en même temps que ceux qu’il avait choisis pour ses sœurs. Il le voulait. Et puis comme ça il pourrait être assorti à elles, au moins un petit peu.

Mais une terrible pensée lui vint en tête. Et si ça ne lui allait pas ? S’il avait l’air ridicule avec ? C’était une possibilité à prendre en compte. Il aurait pu l’acheter quand même et le rajoute à la pile de cadeaux au cas où ces pensées s’avéreraient vraies, mais au fond il ne voyait vraiment pas les deux adolescentes porter ce bracelet là, plus gros et lourd que tous les autres.

Alors il allait devoir l’essayer. Mais avec les bras encombrés comme il les avait, ça allait s’avérer compliqué, le poids des divers sacs le déséquilibrant totalement. Frustré par la non coopération de ses bras - et aussi par la douleur qui commençait à pointer le bout de son nez à force de tenir ses achats précédents - il se retourna vers la première personne à côté de lui. Un jeune, comme lui. Qui n’avait pas trop l’air d’un mangeur de poulpes, en plus. Dans le dernier effort que pouvait donner son bras droit, il leva la main pour aller tapoter l’épaule de l’inconnu.

« Excuses-moi. Ca te dérangerait de me tenir ça.. » Koma lui indiqua d’un geste désarticulé les nombreux sacs qui pendaient à ses bras. « ...le temps que j’essaie ce bracelet. S’il te plait ? » Ce ne serait sûrement jamais venu à quelqu’un de normal de demander ça à un parfait inconnu, mais Koma n’était plus à ça près et ce n’était sûrement pas demander un coup de main à un étranger qui allait l’effrayer.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 26
Coquillages : 31
Date d'inscription : 26/10/2018
Sam 3 Nov - 13:17
escapade marchande
- Putain, Mihail ! Tu fais chier quand tu t'y mets !

C'est sur ces gracieuses paroles que Caïn se fit entraîner par le bras jusqu'au marché par son ami Mihail. Ou Mikail, il n'était plus très sûr.

Il l'avait rencontré dans une sortie au parc d'attraction - encore une. Le type, un peu plus jeune que lui, lui avait semblé du genre sympathique, alors il n'avait pas hésité une seconde à l'ajouter dans sa liste de potes avec qui passer ses après-midis.

Or, il se trouvait que Mihail venait tout juste d'arriver à Shinkai. Au grand bonheur de Caïn, il n'était pas un humain, mais une sirène issue du sud de l'océan Pacifique, qui, selon ses dires, avait nagé jusqu'à la ville dès qu'il avait atteint sa majorité. Et Caïn, en tant que natif, se devait de lui faire visiter l'endroit, du moins ceux qu'il ne connaissait pas encore.

Jusque là, il pensait que tout le monde, habitant ou étranger, connaissait le grand marché du vendredi. À sa grande surprise, il s'était trompé.

La nymphe connaissait très bien le grand marché. Quand il était petit, assez pour passer sous les tables, il passait son temps à embêter les vendeurs, et parfois même volait des produits. En devenant adolescent, il avait arrêté de traîner dans la rue marchande le vendredi en rentrant de l'école. À la place, il maudissait le bruit qui pouvait durer jusqu'à tard le soir, pour ceux qui espèrent encore vendre des trucs à vingt-deux heures.

Caïn se dit qu'il allait juste laisser Mihail admirer un peu les stand pendant qu'il le surveillerait sans trop s'impliquer. Il était sûr qu'il s'agissait du meilleur moyen de partir de cet endroit au plus vite. Les mains dans les poches, il avançait d'un pas lent, veillant à ce que son petit toutou reste bien au milieu de la rue. 

Il fut étonné de voir des marchands qu'il avait embêté durant son enfance toujours en vie. Par chance, aucun ne semblait le reconnaître. En même temps, il y avait une différence entre le Caïn de cinq ans qui volait des marques-pages d'un stand et celui de vingt-trois ans qui faisait visiter la ville à des types bien trop excités à l'idée de voir un marché.

Ledit type dopé à l’ecstasy s'était arrêté devant un vendeur de portes-clés représentant des lapins de mer. Ces bestioles sont adorables, se dit Caïn, faut se l'avouer. Et les portes-clés, bien qu'un peu chers, étaient taillés dans une pierre blanche très fine d'une précision assez remarquable. S'il avait eu un ami familier lapin de mer, il lui en aurait sans doute acheté un.

Il mit une seconde à remarquer la main qui lui tapotait l'épaule doucement. Il se retourna et regarda l'autre d'un air de "j'ai rien fait tu veux quoi ?". Il s'agissait d'un type à peine plus vieux que lui, croulant sous les sacs donnés par des vendeurs qui avaient sûrement fait fortune grâce à lui. Pendant un instant, il cru que le pauvre demandait à ce qu'on appelle une ambulance pour son dos qui venait de céder sous le poids. Mais non, il avait juste besoin de quelqu'un pour tenir le tout pendant que lui essayait un bracelet, du genre qu'il avait vu aux poignets des collégiennes. Bon, il n'avait que ça à faire.

Il précisa d'un signe de tête qu'il était tout à fait disponible pour l'aider, et commença à prendre un, deux, trois, quatre sacs dans ses bras. Il jeta un œil derrière lui : malheur et désolation. Mihail en avait profité pour prendre la poudre d'escampette. Ou alors juste courir jusqu'au prochain stand. Mais le connaissant, Caïn était sûr qu'il allait devoir marcher longtemps pour finalement le retrouver en train d'essayer un chapeau hors de prix ou quelque chose comme ça.
caïn + koma
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Coquillages : 20
Date d'inscription : 30/10/2018
Dim 4 Nov - 16:21
escapade marchande
Ha ! L’inconnu semblait apte à l’aider ! Si c’était pas magnifique ça ! De toute façon, Koma le savait, personne ne lui résistait. Il n’avait pas vraiment l’habitude qu’on lui dise « non », et c’était peut-être pour ça qu’il n’avait jamais eu peur de parler à un total étranger. Parce qu’il ne connaissait pas vraiment la honte de se prendre des vents. Ca lui arriverai sûrement un de ces quatre, mais il y a quand même de grandes chances pour qu’il s’en remette bien.

Après s’être débarrassé de ses sacs à l’aide de l’autre garçon, il étira ses bras, faisant craquer ses articulations et lâchant un long soupir, content de pouvoir se soulager de ses poids morts pour quelques instants. « Merci ! » adressa-t-il à celui qui l’aidait, même s'il semblait avoir dirigé son attention vers autre chose. Ce n’était pas bien important, tant qu’il ne partait pas avec ses sacs. Koma ne pensait pas trop à ça, il avait bien assez confiance en les gens pour imaginer qu’on puisse tenter de lui voler ses affaires alors que tout ce qu’il demandait c’était de l’aide.

Sans attendre, il récupéra un tentacule à la place de son bras gauche et, toujours sous l’oeil vigilant du vendeur, il y fit glisser le bracelet qu’il avait au préalable choisi. Cela semblait lui aller assez bien au teint. Ses yeux brillaient devant autant de beauté, tellement. Il se savait tout beau, mais s’imaginer qu’il pouvait encore plus s’embellir ? Qui l’eût cru ! Il étendait son bras tentaculaire dans diverses directions, faisant en sorte de ne pas trop secouer le bracelet pour éviter qu’il ne tombe - ça allait être un problème, ça, d’ailleurs -, un grand sourire sur le visage. Vraiment tout content, le Koma.

Dans son euphorie, il tapa une nouvelle fois sur l’épaule de celui qui tenait ses sacs pour récupérer son attention et pris une pause mettant en avant le bracelet, tentacule calé sous le menton et yeux espiègles. « Hey. Ca m’va bien, non ? » Un rire lui échappa, toujours aussi content de lui. Il parlait à ce garçon comme s’il le connaissait depuis un moment, mais c’était comme ça que Koma avait l’habitude d'interagir avec tous ceux qu’il rencontrait, il ne fallait pas le prendre personnellement. Il cherchait toujours la discussion, même si elle ne devait mener à rien et que ce n’était que deux petits mots échangés. Comme là, par exemple. Dans quelques minutes les deux reprendraient probablement leurs activités respectives et oublieront - en tout cas Koma oubliera - cet échange. C’était toujours comme ça. Koma choisissait au hasard une pauvre personne, lui racontait quelque chose de plus ou moins intéressant puis reprenait sa route, jusqu’au prochain inconnu. En boucle. Sans jamais changer sa manière de faire, peu importe les réactions auxquelles il avait droit. Ce comportement était bien trop ancré dans sa personnalité pour qu’il puisse changer maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 26
Coquillages : 31
Date d'inscription : 26/10/2018
Lun 5 Nov - 19:06
escapade marchande
L'attention de Caïn se reporta sur l'autre jeune. En apparence, il avait tout de normal, même lorsqu'il opta pour un tentacule à la place du bras. Là où certains auraient poussé un cri d'effroi, Caïn se dit uniquement qu'avoir des tentacules ne semblait pas très pratique. C'est vrai quoi, il se souvient avoir eu un ami poulpe en primaire. En jouant au poisson-chat, personne ne voulait se faire poursuivre par lui, de peur de finir collé à ses tentacules pour l'éternité. Caïn se demanda si l'autre avait eu la même enfance.

Il semblait tout content à l'idée d'essayer ce petit bracelet - ou tentacelet. Peut-être qu'il trouvait ça très esthétique. Caïn n'avait pas vraiment son mot à dire, lui qui n'était pas très branché accessoires, à part quelques chapeaux de temps en temps. 

L'air très fier, le familier agita ce qui avait autrefois été son bras sous le nez du rouquin, comme si ce bracelet était son meilleur achat du mois. S'il est heureux, pourquoi juger, se dit la nymphe qui commençait à avoir mal aux bras. Néanmoins, se plaindre était hors de question.

Mais il ne put s'empêcha se glisser une petite remarque hasardeuse :

- Mais... T'es pas un peu vieux pour ce genre d'accessoires ? Enfin opinion personnelle hein, crois pas que je te juge ou quoi que ce soit...

Jamais personne ne s'était exprimé aussi mal. Du moins c'est ce dont Caïn était persuadé à la seconde où ces mots lui avaient échappé. Il le regrettait un peu. L'inconnu n'avait pas l'air particulièrement susceptible, mais ç'aurait été dommage de vexer quelqu'un pour un simple bijou pour petites filles. Caïn n'était pas un monstre, il n'avait pas envie d'en être un. Mais parano, ça, il l'était à coup sûr.

Il se dit après un soupir qu'il était simplement dans un de ses mauvais jours. 

Et que l'autre jeune n'allait peut-être pas le prendre mal, après tout.
caïn + koma
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut Page 1 sur 1
Sauter vers: